“La place de la femme après une naissance : entre pression sociale, travail et liberté de choix”

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Publié le: 12-02-2026

Hier, je discutais avec une maman.

Elle avait élevé sa première fille pendant deux ans. Deux années pleines, intenses, profondément investies. Elle avait fait ce choix avec le cœur.

Pour son deuxième bébé, ce ne sera pas possible.

Non pas par manque d’amour.
Non pas par manque d’envie.
Mais par manque de moyens.

Le congé parental est faiblement rémunéré. Les charges, elles, ne diminuent pas. La réalité économique s’impose, parfois brutalement.

Et dans notre conversation, une question est revenue :
Quelle est réellement la place de la femme après une naissance aujourd’hui ?


Annoncer sa grossesse au travail : une joie qui se teinte d’inquiétude

Tomber enceinte devrait être une joie intime, une nouvelle à partager avec légèreté.

Pourtant, pour beaucoup de femmes, l’annoncer à son employeur reste un moment délicat.
Un mélange de bonheur et d’appréhension.

Sera-t-elle perçue comme moins engagée ?
Comme un poids pour l’organisation ?
Comme celle qui “abandonne” son poste temporairement ?

Certaines femmes me confient avoir presque l’impression de trahir leur entreprise.
Comme si donner la vie devait s’excuser.

Il y a encore, dans notre société, cette tension invisible entre maternité et performance professionnelle.


Congé maternité, congé parental : quand le choix est dicté par l’argent

En France, le congé maternité est un droit. Mais sa durée reste limitée.
Le congé parental existe, mais il est peu indemnisé.

Alors le choix n’est plus seulement émotionnel.
Il devient économique.

Quand l’un des deux parents gagne davantage, c’est souvent la femme qui suspend son activité.
Pas toujours par vocation.
Mais par logique financière.

Les inégalités salariales pèsent lourd dans ces décisions.
Elles orientent les trajectoires familiales bien plus qu’on ne le pense.

Et certaines mères vivent cela comme un renoncement silencieux.


Jugée si elle reste, jugée si elle travaille

Si une femme décide de rester à la maison pour élever ses enfants, elle peut entendre qu’elle “profite”, qu’elle ne travaille pas “vraiment”.

Si elle reprend rapidement son activité, on pourra lui reprocher de ne pas être assez présente.

Dans les deux cas, le regard social s’invite.

Quoi qu’elle fasse, elle semble parfois faire “de travers”.

Cette double contrainte est épuisante.
Elle installe de la culpabilité là où il devrait y avoir du soutien.


Et si le vrai sujet était la liberté ?

Au fil de cette discussion avec cette maman, une évidence s’est imposée.

Il n’existe pas une seule manière d’être mère.

Une femme peut vouloir rester trois ans auprès de son enfant.
Une autre peut ressentir le besoin de reprendre son activité après quelques mois.
Certaines alterneront.
D’autres inventeront leur propre équilibre.

Aucun de ces choix n’est supérieur à un autre.

La vraie liberté n’est pas de rester.
La vraie liberté n’est pas de reprendre.
La vraie liberté est de choisir en conscience, sans pression, sans culpabilité.

Un bébé a besoin d’une présence sécurisante, oui.
Mais cette présence peut s’incarner de différentes façons.

Et une femme a aussi le droit d’exister en dehors de son rôle maternel.


Repenser la place du père

Dans ces choix, le rôle du père mérite d’être pleinement valorisé.

Pourquoi serait-il évident que la mère s’arrête davantage ?
Pourquoi la question du salaire déciderait-elle toujours pour la famille ?

Allonger les congés paternité, encourager un partage réel, sortir de la logique de “celui qui gagne le plus” : ce sont des pistes essentielles.

La parentalité n’est pas une compétence genrée.
C’est une responsabilité partagée.


Allonger le congé maternité : une réflexion nécessaire

Le post-partum est une période intense : récupération physique, bouleversement hormonal, fatigue, construction du lien, ajustements émotionnels.

Seize semaines peuvent sembler courtes face à cette réalité.

Réfléchir à l’allongement du congé maternité n’est pas une revendication idéologique.
C’est une question de santé publique, de prévention de l’épuisement, de respect du rythme du corps.

Mais, encore une fois, ce choix ne doit pas devenir une nouvelle norme imposée.

Certaines femmes se sentent prêtes à reprendre plus tôt.
D’autres ont besoin de plus de temps.

L’important est que la décision ne soit ni contrainte, ni jugée.


La société nous formate… mais nous pouvons choisir autrement

Notre société véhicule encore des modèles très rigides :

La “bonne mère”
La “femme accomplie”
La “carrière réussie”
La “mère sacrificielle”

Mais la maternité n’est pas un moule unique.

La vraie force aujourd’hui est peut-être là :
Oser se demander ce qui est juste pour soi.
Financièrement.
Émotionnellement.
Familialement.

Une mère alignée est une mère plus stable.
Une femme respectée dans ses choix est une femme plus solide.

Et une société qui soutient réellement ses parents est une société qui investit dans son avenir.


En tant que professionnelle de l’accompagnement périnatal…

Je rencontre chaque semaine des femmes qui doutent.
Qui s’interrogent.
Qui se sentent parfois tiraillées entre leurs envies, leurs valeurs et les contraintes extérieures.

Mon rôle n’est pas de dire ce qu’il faudrait faire.
Mon rôle est d’offrir un espace où l’on peut réfléchir, déposer, clarifier.

Parce qu’au-delà des débats sociétaux, il y a une femme.
Avec son histoire.
Ses besoins.
Sa réalité.

Et cette femme mérite d’être écoutée.


Si vous traversez cette période de questionnements autour de votre place de mère, de femme, de professionnelle, je vous accueille au cabinet pour un temps d’écoute et de soin.

Parce qu’avant d’être un rôle, vous êtes une personne.

Et cela mérite toute l’attention du monde.

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